Gallieni, le plus vieil Esat de France

Le 25/05/18

L’ESAT (Etablissement et service d'aide par le travail) Gallieni à Villeurbanne est la plus ancienne entreprise de France adaptée aux besoins des personnes handicapées : elle a plus de cent ans. Le centre Gallieni abrite un foyer d’hébergement (avec 41 résidents), un pôle d’artisanat traditionnel et un autre dédié à l’industrie.

L'Esat Gallieni à Villeurbanne

L’objectif de ces établissements est d’aider les personnes porteuses de handicap à accéder à toute activité, sportive, culturelle et à la vie associative.
Ici tout est mis en place pour faciliter leurs conditions de vie. Sont proposés différents apprentissages : savoir cuisiner, laver son linge, faire les courses, gérer son budget, ses papiers administratifs...  Mais il s’agit avant tout de proposer un travail aux personnes qui sont momentanément ou durablement dans l’incapacité d’exercer une activité dans un environnement professionnel ordinaire.
« L’objectif, c’est de faire en sorte que leur vie ressemble le plus à la nôtre », souligne Alain Lambert, le directeur de l’ESAT Gallieni. Il s’agit finalement de les aider, par le travail, à donner du sens et de la dignité à leur vie.


« On sait pourquoi on se lève le matin »



L’ESAT abrite, depuis sa création, un pôle artisanal. Les personnes qui travaillent dans l’atelier de paillage et de cannage, sont malvoyantes et non-voyantes. Elles réparent des chaises anciennes (parfois même très anciennes) pour les habitants ou les entreprises et administrations (comme, récemment, un siège de l’époque de la Régence pour la préfecture du Rhône).
« On travaille ici dans la pure tradition française, avec des matières naturelles comme la paille de seigle qu’on achète en Saône et Loire », explique Martine Devos, monitrice. « On réalise même le paillage en couleurs. A l’époque, les chaises d’église étaient faites aux couleurs des blasons des familles. Sur des chaises anciennes, je leur indique simplement les couleurs et ils font le reste. »

Actuellement dix personnes travaillent dans cet atelier. La plus jeune, Marina, 20 ans, d’origine arménienne, est là depuis un an. Le plus âgé, Thierry, travaille à l’ESAT Gallieni depuis 31 ans. Ils aiment tous leur travail et ils sont bien ici, entourés par les camarades, dans une ambiance amicale et bienveillante. Thierry ajoute : « J’aime être là, parce qu’on vient ici pour travailler en discutant et… pour gagner un peu d’argent ».
 « C’est un milieu socio-éducatif très particulier,
poursuit Martine Devos. Il y a les gens qui viennent et partent, parce que le handicap ne les intéresse pas. Pour travailler ici, il faut, au-delà des raisons financières, vouloir être utile. Mais, en travaillant ici, on sait pourquoi on se lève le matin».

"Si quelqu’un trouve du travail en dehors de l’ESAT, tout le monde est ravi"

Le deuxième pôle est le pôle industriel, réparti autour de 4-5 grandes activités, explique Thierry Cherlan, moniteur commercial. Une nouvelle unité, la « salle blanche », existe depuis 2 ans. Elle permet de conditionner des produits dits « sensibles » (cosmétiques, dispositifs médicaux, compléments alimentaires…) Le travail se fait en atmosphère « contrôlée » : la salle doit être parfaitement propre et l’air filtré.

Il y a aussi un atelier pour tous les types de conditionnement qui ne peuvent être effectués par une machine (dans la « salle grise »). Le savoir-faire des employés de l’ESAT Gallieni est très diversifié et couvre toute la chaine du conditionnement : reprise de marchandise, tri, déconditionnement, reconditionnement, constitution et assemblage de kits, comptage, mise en lot, emballage. Et en fonction des besoins des clients, il est possible d’imprimer des étiquettes, de les poser sur les produits et de remplir les présentoirs de vente, selon les exigences de la grande distribution.
Le Centre Gallieni et ses ouvriers proposent également, dans une démarche environnementale, le désarchivage des entreprises (ramassage de papiers de bureau et/ou destruction de documents confidentiels) avec la fourniture d’une attestation de destruction (en accord avec la norme nationale sur le recyclage du papier).

90 employés travaillent à l’ESAT Gallieni, encadrés par 38 personnes. L’entreprise est dotée d’une petite cour où l’on peut pique-niquer et discuter quand il fait beau. Tous sont amis. Si quelqu’un trouve un travail en dehors de l’ESAT, tout le monde est ravi. Ainsi, une jeune femme qui travaillait là a trouvé, récemment, une place de vendeuse dans une enseigne de la Part-Dieu, grâce au programme d’accompagnement des projets personnels. « Même si le nombre des personnes qui ont réussi à intégrer une filière classique n’est pas très élevé (1% seulement en France), nous sommes très fiers, souligne Alain Lambert. Car notre mission est de les pousser vers l’extérieur, en milieu ordinaire ».

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