Quels services publics ?

Le 27/04/18

Les services publics sont souvent cités dans les actions politiques et syndicales. Par exemple, la grève des cheminots était prétendument pour défendre le service public. Si l’action des cheminots relève du comportement humain : défendre ses intérêts, elle peut être vue comme corporatiste et égoïste.
Qu’est-ce donc un service public ? Le plus souvent, il s’agit d’une activité destinée à satisfaire un besoin d’intérêt général. La rentabilité n’est donc pas le premier critère. Toutefois, nous élus responsables, nous souhaitons l’équilibre des comptes de la nation, critère secondaire, semble-t-il, pour les syndicats de cheminots.
Certes nulle part dans le monde, les transports en commun d’une métropole ne sont des activités rentables ou même en équilibre (aides publiques), mais la France se caractérise par des grèves dures et à répétition dans ses services publics. Nous avons besoin de renforcer les services publics par exemple au vu des efforts nécessaires pour limiter le réchauffement climatique : nous devons plus que tripler l’usage des transports en commun d’ici 2050, notamment pour être comparable à l’effort fait chez nos voisins européens du nord de l’Europe.
Toutefois, si nous souhaitons un renforcement des services publics, nous considérons qu’il est nécessaire de réaliser des réformes de fond. En Allemagne, un fonctionnaire n’a pas le droit de faire grève et travaille en moyenne 12 % de plus qu’un employé du privé pour compenser sa garantie d’emploi. La Suède a au contraire presque complètement supprimé le statut de fonctionnaire au profit d’une délégation de service public qui aboutit toutefois à un service public efficace et économe.
Nous proposons que le service public voire la délégation de service public soit soumis à un vrai service minimum. C’est uniquement à ce prix que la nation pourra continuer à investir dans les services au public, qui doivent rester des services pour le public même en cas de grève. Sans cela, nous devrons nous poser la question de « à quoi sert la SNCF aujourd’hui ? », avec ses déficits chroniques (hors dette) et des coûts supérieurs à la moyenne européenne.


Hervé Morel,
Groupe centriste UDI

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