Voter pour ne pas renoncer

Le 05/05/17

Le chiffre est passé relativement inaperçu. Dans une campagne présidentielle, escamotée par les ennuis judiciaires des candidats de la droite et de l’extrême-droite, l’abstention pourrait dépasser les 30 % du corps électoral. C’est un niveau dramatiquement élevé pour un scrutin présidentiel qui demeure celui qui, malgré une hausse continue de l’abstention dans tous les scrutins, mobilise le plus les électeurs. Si cette désaffection électorale a de nombreuses explications, elle procède sans nul doute d’une forme de désabusement. L’abstention n’est pas qu’un silence. L’abstention, c’est aussi un message de résignation et de défiance. À quoi cela sert-il de voter ? Cette critique s’entend tant les institutions et ses dirigeants peuvent paraître éloignés des problèmes réels de la société. Et cette campagne électorale confuse et inaudible ne peut que renforcer cette désaffection.
Pourtant, aujourd’hui comme hier, aucun progrès, aucune avancée n’a pu se faire par la désaffection. Ne pas voter, c’est renoncer. Et dans le contexte international et national que nous connaissons, entre le péril terroriste et la montée du populisme, en Europe et en France, un tel renoncement n’est pas envisageable. Car la démocratie n’est pas un acquis, c’est une bataille. Et l’histoire du vote le montre bien. Au-delà d’un simple bulletin, le vote cristallise ce qu’il y a de plus précieux pour un pays, son indépendance, sa liberté, l’égalité entre les citoyens. Si aujourd’hui voter est un droit, au regard de notre histoire, au regard des sacrifices consentis par celles et ceux qui se sont battus pour l’obtenir, voter est un devoir. Si vous tenez à notre héritage, pensez bien que c’est tout ce que nous avons construit qui est aujourd’hui en jeu.


Loïc Chabrier,
Groupe socialistes et apparentés

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